Le Gel et les PPAM : comprendre les risques et adapter ses pratiques

Le gel ne modifie pas la qualité des huiles essentielles mais peut réduire fortement les rendements. (Dans certains cas,  1 plant sur 2 est perdu (jusqu’à 50% de rendement en moins). Le gel affecte surtout les jeunes plantations et espèces sensibles et se gère principalement par le choix variétal et le calendrier cultural. La majorité des PPAM méditerranéennes sont naturellement adaptées au froid hivernal. Les risques concernent surtout les espèces récemment introduites ou cultivées en limite climatique. À ce jour, il n’existe pas de fonds mutualisé spécifique couvrant le gel en PPAM.

Quelles PPAM sont les plus sensibles au gel ? À partir de quelles températures critiques apparaissent les dégâts ?

Le gel et les PPAM
  • La Verveine
    ​​​​​​Résistance autour de -5°C
    Une verveine d’1 an produit moins qu’une de 2–3 ans
    Une culture économiquement vulnérable en cas d’hiver rigoureux.
    Gel prolongé = risque de perte totale
    En 2012, certaines exploitations ont perdu 100 % des plants
    Stratégie prudente : pré-multiplier des plants de sécurité.
     
  • La Marjolaine
    Sensibilité à surveiller en cas de froid prolongé
    Plante plus fragile que thym ou sarriette
    Redémarrage printanier parfois difficile
    Culture à surveiller en zones froides

  • Le Géranium
    Sensible dès 0 à -1°C
    C’est l’une des cultures les plus exposées au risque de gel en PPAM.
    Même si sous la serre, la température descend à -1°C → dégâts quasi certains
    Parties aériennes rapidement détruites ou "cuites"
    Culture souvent conduite en annuel pour limiter le risque
    En cas d’hiver froid, un chauffage ponctuel peut sauver une production.

Il est possible de sélectionner des variétés plus tolérantes, et c’est déjà le cas, la sélection variétale est la clé face au changement climatique. (Sélection de lavandes fines adaptées altitude, choix de souches corses pour certaines espèces, adaptation progressive au climat régional etc...)
 

  • La Lavande fine
    ​​​​​​Résistance jusqu’à -25°C
    Originaire des zones d’altitude (1500 m)
    Adaptée aux hivers de montagne
    C’est la référence en termes de rusticité !
     

  • Le Lavandin
    Sensible à partir de -18°C

    Hybride entre lavande fine et aspic
    Variétés : Grosso, Super, Abrial... Plus fragile que la lavande fine
    Dans les régions où les hivers descendent régulièrement sous -20°C, sa culture est risquée.

  • La Rose très rustique jusqu’à -25°C

  • Le Tilleul a une forte tolérance

  • Les Agrumes sont sensibles vers -7°C

Le gel et les PPAM

Quels impacts sur les rendements et les huiles essentielles ? Quelles pratiques améliorent la résistance ?

Deux cas seulement :

Soit la plante meurt → pas d’huile essentielle
Soit elle survit → huile essentielle normale

  • Pas de modification significative de la composition
  • Pas d’impact sur la qualité organoleptique
  • Pas d’incidence sur hydrolats et eaux florales

 

Le gel agit surtout sur le volume, pas sur la qualité.
La stratégie la plus pertinente à long terme :

  • Privilégier des variétés d’altitude
  • Lavande fine → Lavandin
  • Sélections adaptées au climat local


Des Protections efficaces ?​​​​​​​

Technique Efficacité en PPAM
Voiles P30 Oui (petites surfaces 1000–2000 m²)
Paillage Moyen
Buttage Intéressant pour verveine
Bougies / chaufferettes Inutile en hiver (réservé gel printanier vergers)
Aspersion Peu réaliste
Tours à vent Non adapté


Sur les grandes surfaces → la protection est souvent économiquement irréaliste.

Le gel et les PPAM

Le gel affecte-t-il la partie aérienne ou les racines ? Quels dommages observe-t-on ?

Cela dépend du type de plante.

  • Pour les plantes vivaces herbacées (menthe, mélisse), les parties aériennes disparaîssent naturellement → et les racines sont protégées.

  • Pour les arbustes (lavande, verveine), le gel touche d’abord la partie aérienne. Si le froid est intense et prolongé, il y a possible atteinte du système racinaire.

  • Une jeune plantation mal enracinée est très vulnérable.
    Même les plants issus de serre doivent s’endurcir !


Contrairement à certaines idées reçues, une plante affaiblie par la sécheresse estivale sera PLUS sensible au gel. Elle a moins de réserves pour résister.


Les symptômes typiques : Aspect "cuit" ou brûlé, nécroses sur bois, mauvais redémarrage printanier,  disparition partielle des plants.

Le gel et les PPAM

Dans le contexte actuel, la gestion de l’eau influence la tolérance hivernale. Le seuil de dégâts dépend de l’espèce, de la durée du froid, de l’état physiologique de la plante et de la protection mise en place. Un gel court et sec n’aura pas le même impact qu’un épisode prolongé avec vent. 

Cependant aucune modification significative n'a été observée (la composition chimique est stable, le profil organoleptique inchangé).
Pas d’impact sur hydrolats ou eaux florales qui découlent des huiles essentielles.

Dans la majorité des cas :

  • Les PPAM méditerranéennes sont adaptées au froid hivernal.

  • Les risques concernent surtout les espèces sensibles ou récemment introduites.

  • Le levier principal reste le choix variétal et le calendrier cultural.

Le gel est un facteur agronomique à intégrer, mais rarement une fatalité si la stratégie culturale est adaptée.

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